Une adaptation au SEPA difficile pour les entreprises françaises

Evénement attendu par un bon nombre d’entreprises en Europe, l’entrée en vigueur des nouveaux moyens de paiement, mis en place dans le cadre de l’espace unique de paiement en euros, plus connu sous ses initiales SEPA, pour Single Euro Payment Area, nécessite toutefois aujourd’hui encore, malgré l’imminence de ce projet, l’adaptation, en France, d’un bon nombre de systèmes, en matière d’échange de données bancaires, 100 000 entreprises se trouvant concernées et seulement 20 % d’entre elles ayant déjà commencé à se pencher sur la question.

Assurée depuis une trentaine d’années par le dispositif interbancaire ETEBAC, par l’intermédiaire du réseau Transpac de France Telecom, la télétransmission bancaire devra désormais emprunter d’autres moyens, celui-ci n’étant plus disponible à la vente depuis le 31 juillet 2010 et, qui plus est, amené à disparaître complètement le 30 septembre 2011, rendant donc l’utilisation du SEPA absolument indispensable pour que les entreprises concernées puissent continuer à garder le lien avec leur banque.

Afin de procéder au remplacement de l’ETEBAC, plusieurs processus d’échanges ont été pensés par le Comité Français d’Organisation et de Normalisation Bancaire, le CFONB, deux ayant été plus particulièrement remarqués : Swifnet, qui utilise le réseau privé Swift, sollicité par les plus grandes entreprises disposant de comptes dans plusieurs établissements bancaires, au niveau international notamment, et Ebics, qui passe, pour sa part, par le réseau IP public.

Face à ce retard accumulé par les entreprises françaises, il est aujourd’hui difficile d’accéder à toutes les demandes en même temps, leur nombre ayant très fortement augmenté au cours de ces derniers mois seulement, raison pour laquelle les banques se sont vues rapidement saturées, rencontrant des difficultés à assurer le remplacement rapide de tous ces systèmes et à honorer leurs obligations dans les délais initialement prévus.

A en croire, le cabinet Marianne Experts, spécialiste de l’optimisation des frais des entreprises, la situation pourrait être encore pire, même s’il semble déjà, toujours selon ces experts, que « les banques « priorisent » la migration des protocoles de communication bancaire en fonction de l’importance de leurs clients ».

Tous ces bouleversements risquent, en outre, à terme, de conduire à « une nouvelle inflation des frais bancaires » qui reste bel et bien « à craindre en matière de télétransmission, notamment à très court terme : frais par ligne télétransmise, multiplication des abonnements de télétransmission en raison de la nécessité de faire cohabiter différents systèmes pendant la période migratoire, frais de génération de BIC/IBAN… », les établissements bancaires allant, sans doute, profiter de cette occasion pour réduite les pertes liées à la normalisation des dates de valeur, ainsi qu’à la diminution des commissions entre les banques, faisant que « jamais la tarification bancaire n’a été aussi opaque, et aussi excessive », de l’avis de ces mêmes professionnels.

Malgré ces quelques inconvénients, au moment de sa mise en route, le SEPA devrait, au final, faciliter grandement les échanges et parvenir à séduire, de cette manière, les plus réticents qui y trouveront également un grand attrait, lorsque le manque de connaissance actuel aura été comblé.

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